Jérémy Roger, ses philosophies de travail et de vie

Jeremy pratique avec passion la Taillanderie et la coutellerie d’art depuis 2009. Pour la petite histoire, il avait 23 ans lorsque il a tapé sur son premier clou pour transformer sa forme. Petit à petit et sans s'en rendre compte à priori,  il était en train de créer son premier couteau. C’est ainsi qu’est née sa passion pour le travail du métal et une philosophie de vie aussi.

Comme quoi, un simple hasard peut transformer une vie !

 

Le métier de forgeron est souvent perçu comme une activité brutale et masculine, or ces codes à l'image de virilité exacerbée sont en train de changer au profit d'une vision plus artistique, plus éthique et plus respectueuse du corps humain. Sur ce dernier point, Jeremy Roger n'est pas en reste car il fait évoluer constamment son ergonomie de travail, il a d'ailleurs participer à des stages chez Claude Duteil et Amnon Erlichman qui pratiquent la technique de UriHofi, une façon d'optimiser sa position durant le travail et la tenue des outils afin d'économiser un maximum d'énergie et avoir une meilleure frappe sur le métal, moins de frappes mais des meilleures frappes en quelque sorte.

 

« Moins l'artisan se fatigue, plus il va loin dans son art »

 

Les outils que je réalise peuvent être optimisés ou adaptés aux physiques de chacun. Il est même essentiel que l'outil corresponde à la personne qui l'utilise pour la longévité de l'effort et pour prévenir les blessures. J'ai déjà réalisé des outils pour des gabarits chétif, des gros bras ou des personnes présentant un handicap. C'est aussi ça ma philosophie, rendre accessible les outils autant que faire se peut.

« Forgeron et jardinier »


Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir allier mes deux passions de manière cohérente car j'utilise les outils que je confectionne. Cela me permet d'avoir un regard critique sur l'ergonomie (tenue du manche, répartition des poids), la qualité de l'acier et l'esthétique générale.

 

Par ailleurs je suis sensible aux nouvelles pratiques de permacultures et au travail du « Sol vivant ». Être à l'écoute des éléments qui nous entoure, respecter les cycles de la nature, avoir comme philosophie l'éternel recommencement. Avoir comme référence, entre autre, l'observation du fonctionnement d'une forêt.

J'aime puiser dans ces connaissances ancestrales des repères qui me guident dans mon travail, ma passion et ma vie en général.

« Une forge de proximité pour favoriser la découverte et l'échange »


Une forge, lorsqu'elle est inscrite au sein d'un territoire et valorisée par ses habitants, permet de découvrir cette matière mystérieuse qu’est le métal. Dans la forge de l'atelier LET, nous ne fabriquons pas que des outils, nous restaurons également des ouvrages anciens, qui parfois, sont d'une bien meilleure qualité que les alliages qui sont apparus depuis les années 50.

L'entretiens est une notion importante pour faire durer un outil dans le temps et nous nous efforçons d'utiliser les procédés reconnus et utiliser l'ingéniosité ainsi que les savoirs, acquis par nos différentes générations d'anciens forgerons 

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« C’est l’histoire d’une hache qui à changé deux fois de fer et trois fois de manche, mais aux sein de la famille du bûcheron, c’est toujours la même hache  »  OSHO

 

Il y a plusieurs facteurs qui font qu’un outil est efficace : sa dureté, son ergonomie, sa géométrie et surtout l’attention qu’on lui porte. Chaque artisan a un outil fétiche, et bien que cet outil puisse être usé, cassé, rapiécé, il sera toujours le favoris. 

« L’erreur, source de compréhension et d’apprentissage »

 

Chacune des 700 pièces que j'ai réalisé, portent une intention de ma vie personnelle et cela donne à ces objets un sens particulier, une "énergie particulière" expriment mes divers états émotionnels. Un couteau, un outil, lorsqu'il est créé de manière artisanale requiert tout un savoir-faire, une minutie extrême, beaucoup de patience, et une volonté de fer, avec toute une réflexion en amont. Parfois il y a des échecs qui viennent remettre en question la manière même de créer et c'est pourquoi le métier de forgerons est constitué par un savoir empirique débuté par nos ancêtres et cela s'inscrit dans une continuité.

« Le paysage et la nature, source d’inspiration »

Mon atelier est situé au cœur du Trièves (Isère, 38) au sud de Grenoble et à mi-chemin entre les Alpes du Nord et les alpes du Sud. Ce territoire offre une vue magique sur les montagnes du Vercors et du Dévoluy et c'est avec plaisir que je vous invite à venir découvrir cet endroit et aussi, pour moi, de partager avec vous la passion de la forge.

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